Ôra

« Pour fabriquer un monde nouveau, il faut partir d’un monde qui existe. […] Pour en découvrir un, peut-être faut-il en avoir perdu un. Ou être soi-même perdue. La danse du renouveau, celle qui a créé le monde, a toujours été dansée ici, au bord, à la limite, sur la côte embrumée. » * Ursula K. Le Guin.

Ōra, version latine du mot « littoral », « rivage », « côte », ou encore « bord » ou « limite », serait-elle le nom d’une nouvelle terre émergée du littoral normand ? Dans le cadre de sa résidence à Deauville, Cécile Genest invoque le fantasme d’un paysage originel par la mise en lumière d’une nature ensauvagée. Trompe-l’oeil d’un territoire exotique mystérieux et intemporel, Ōra nous rappelle la constante évolution des paysages, façonnés par les cycles et le mouvement incessant des éléments et des sédiments, caractéristiques des rivages terrestres.

Arpentant à la chambre photographique de nombreux espaces naturels sensibles de la Normandie, Cécile Genest réalise le portrait d’une nature où la roche et le vivant s’entrelacent dans un décorum multimillénaire. En bout de terre, du Cotentin au pays d’Auge, en passant par plusieurs jardins botaniques comme celui de Vauville ou du Jardin Jungle, les paysages se transforment et se travestissent en terre tropicale réinventée.

À travers des points de vue resserrés et immersifs, se dévoile alors tout un monde d’eau et de feuillages, pétales, flore sous-marine, mousses et roches, révélant un ailleurs lointain niché dans le proche.

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